Voyage à cheval et Randonnée équestre

Akhal téké : race de cheval d'Asie centrale

Né en Asie Centrale il y a près de 4000 ans et emblème de son pays natal, le Turkménistan, l’akhal téké, aussi appelé cheval turkmène, est le plus ancien cheval de sang de l’histoire. C’est une race de cheval de selle pourtant peu connue et aujourd’hui encore auréolée d’un certain mystère. Rapide et endurant, robuste et sobre, et traditionnellement doté d’une robe aux reflets métalliques, l’akhal-téké fait la fierté des turkmènes pour qui son élevage, son développement et sa reconnaissance internationale sont une priorité. D’ailleurs chaque année, le dernier dimanche d'avril est célébré le Jour du cheval turkmène.

Origines de l'Akhal Téké

C’est donc au Vème siècle avant J.C., dans la vallée du Ferghana, une zone basse particulièrement fertile entourée de hautes montagnes, que l'on voit apparaître les premières traces de ces chevaux de "grande taille", pour l'époque, environ 1,50 m au garrot, lesquels devront attendre quelques siècles encore avant de porter le nom d’Akhal Téké.

Les plaines herbeuses au pied des massifs, la rudesse du climat continental et la présence de nombreux prédateurs ont façonné un cheval grand, mince et rapide à la course. Ce cheval, devenu la monture des Khan de Khiva, Samarkande et Boukhara, se répandit donc plus à l'Ouest et au Sud et fera l'objet de tous les soins du Turkménistan, aujourd'hui considéré comme l'un des berceaux de la race.

Traditionnellement élevé par la tribu nomade des Tékés, l’Akhal-Téké porte le nom de leur oasis – Akhal - accolé au nom de leur tribu. Indispensable compagnon de route et de guerre, il fut un élément déterminant dans l’histoire du Turkménistan jusqu’à son indépendance.

Menacé de disparition sous la domination du pays par l'URSS dans les années 1950, puis victime des tentatives des nouveaux propriétaires turkmènes de diluer la pureté de la race afin d'améliorer les performances de leurs chevaux, il a finalement été sauvé grâce à une poignée d'éleveurs passionnés.

Zone d’élevage de l'Akhal Téké

Longtemps concentré au Turkménistan, au Kazakhstan et au sud de la Russie, l'élevage de l’Akhal-Téké s'est progressivement implanté dans la plupart des républiques voisines et a finalement dépassé les frontières de sa région d’origine puisqu'il est aujourd’hui aussi élevé en Allemagne, en Suisse, aux Etats-Unis et en France, où les premiers Akhal-Téké sont arrivés dans les années 80.
Cependant, sur 6000 spécimens recensés au monde, le seul Turkménistan, qui en interdit l'exportation, en compte aujourd’hui encore 2600.

Description de l'Akhal Téké

L’Akhal Téké ne ressemble à aucune autre race chevaline. Il se distingue nettement de ses cousins, le Tarpan ou le cheval de Przewalski, par sa silhouette longiligne et anguleuse et son port de tête altier. On le compare souvent au lévrier, originaire des mêmes zones géographiques.

Son allure est qualifiée d’harmonieuse et légère, ses mouvements sont fluides et puissants, élégants et félins, voire élastiques. C'est un cheval mince et élancé, de taille moyenne, les mâles toisant environ 1,60 m au garrot et les femelles 1,56 m. Les plus grands sujets peuvent même dépasser le 1,70 m !

Sa tête est bien proportionnée, légère, sèche avec de larges joues, un chanfrein droit ou légèrement concave, des yeux en amande, très expressifs et des oreilles bien dessinées, toujours en alerte. Son encolure est greffée haut sur l'épaule, longue, droite, fine mais large à sa base et musclée, attachée sur un poitrail souvent étroit.

Sa crinière est généralement peu fournie, et le toupet parfois quasiment absent. Son garrot est haut, long, saillant et bien prononcé ; son dos et ses reins sont droits et longs tandis que sa croupe est légèrement avalée avec une queue attachée assez bas et assez peu fournie. Enfin, ses jambes sont généralement fines et sèches avec de solides tendons, terminées par de petits sabots très durs, avec une quasi absence de poils au niveau du paturon.

L’Akhal Téké a une peau fine et un poil ras. Certains sujets possèdent le poil soyeux et des reflets métalliques spécifiques à la race. A l’exception du pie, l’Akhal Téké peut revêtir toutes les robes. Les robes baies, isabelles et palominos sont généralement assorties de reflets dorés très recherchés.

Forgé par les rudes conditions de son existence, à la fois cheval de guerre et cheval du désert, l’Akhal Téké est un cheval courageux, endurant, vif et intelligent. Elevé depuis des générations à proximité de l'homme, il a également développé une grande sensibilité et se montre parfois exigeant vis-à-vis de l’homme dont il attend beaucoup, or il sait aussi donner en retour, et souvent plus qu'il n'a reçu.

Types, races et lignées de l'Akhal Téké

Au fil des dernières décennies, la race s’est diversifiée sous l’effet du changement de biotopes et des orientations sportives recherchées par les élevages soviétiques de Russie et du Kazakhstan, modifiant ainsi sensiblement la morphologie de l’Akhal-téké.

On distingue aujourd’hui trois morphologies et trois lignées, héritées de trois étalons : BOINOU, SULTAN GULI et TCHOPAR KEL. Les lignées POSMAN et SOVKHOZ 2 sont en plein développement tandis que les lignées AK BELEK, AK SAKAL, et DOR BAIRAM ont tendance à décliner.

Utilisation de l'Akhal Téké

La morphologie atypique de l'Akhal téké, à la fois fine et athlétique, en fait un cheval polyvalent combinant puissance, élégance et maniabilité, apte à toutes les disciplines équestres. Ses spécialités cependant sont plutôt l’endurance et le concours complet. Si le pur-sang anglais est un sprinter, l’akhal-téké pour sa part est un marathonien, le roi des longues distances !

Il est également utilisé en croisement comme améliorateur de race par les Haras Nationaux et c’est un cheval de cirque très prisé par les « dompteurs » pour sa franchise. Il s’est notamment illustré à la grande époque du Cirque de Moscou.

Il est aujourd’hui encore utilisé avec succès en spectacles équestres et dans toutes les disciplines olympiques, avec une aptitude particulière pour l'endurance équestre et le dressage où il excelle.

En attestent les nombreuses médailles obtenues par le mythique ABZENT : Or en dressage individuel aux 18èmes Olympiades de Rome en 1960, bronze à Tokyo en 1964 et enfin argent par équipes au Olympiades de Mexico en 1968.

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