Voyage à cheval et Randonnée équestre

Le TREC en équitation (Techniques de Randonnée Equestre de Compétition)

Le Trec en équitation est un subtil mélange d'endurance et de rigueur, mais également de complicité et de précision, alliant le plaisir de la randonnée à cheval et la technique équestre.

Présentation du TREC en équitation

En anglais, le mot "trek" signifie "randonnée" et en arabe "chemin", mais l’origine de l’acronyme T.R.E.C., Techniques de Randonnée Équestre de Compétition, est bien française. Cette discipline sportive est née à la fin des années 1980 dans des groupes de cavaliers randonneurs désireux de mesurer leurs chevaux et leurs compétences équestres lors d’épreuves valorisant les qualités nécessaires en randonnée.
Le concours de T.R.E.C. (Techniques de Randonnée Equestre de Compétition) doit permettre au couple cavalier - cheval, de démontrer qu’il peut se sortir de toutes les situations qu’une randonnée classique peut l’amener à connaître.
Il doit pouvoir:
- s’orienter sur le terrain, avec ou sans carte,
- être maître de son allure quels que soient l’état du chemin ou la météo,
- poursuivre sa route malgré toutes sortes d’embuches qu’il rencontrera comme des obstacles à sauter, des dénivelés à gravir ou à descendre, des passages étroits ou bas, un cours d’eau à traverser ou à enjamber sur une passerelle...
Le cavalier devra gagner la confiance de son cheval pour qu’il ne mette en doute aucun de ses ordres, il lui apprendra l’adresse et la franchise, le calme et l’endurance. Il s’apercevra, au fil des entraînements et des concours, que cette association cavalier - monture progresse régulièrement, avec à la clé un plaisir de plus en plus grand pendant l’exercice et une relation entre les 2 partenaires de plus en plus étroite !
Peu médiatisé, le T.R.E.C. s'affirme pourtant aujourd'hui comme une discipline :
- reconnue par la Fédération Française d'Equitation
- pratiquée chaque année par plus de 4000 cavaliers de tous niveaux du vivier des 65000 licenciés tourisme équestre de la FFE
- et comme un efficace pourvoyeur de médailles internationales (la France est championne du monde sénior par équipe depuis 2000 et championne d'Europe Jeunes en 2004, 2005 et 2007).

Règles et épreuves de TREC

Discipline équestre des amateurs de pleine nature par excellence, le T.R.E.C. se compose de quatre épreuves destinées à évaluer le couple cheval / cavalier.

Deux épreuves inspirées des difficultés rencontrées en randonnée :
1 - Le Parcours d’Orientation et de Régularité - POR qui demande une bonne gestion de l’effort du cheval et des connaissances en topographie. 20 minutes avant son départ, chaque cavalier découvre et reporte sur sa carte un itinéraire de 12 à 50 km, selon le niveau Il devra le respecter scrupuleusement. Des postes de contrôle, dont il ignore l’emplacement, sont disséminés le long du parcours. Au départ et à chaque contrôle la vitesse idéale à réaliser sur le tronçon à venir est indiquée.
2 - Le Parcours en Terrain Varié - PTV est composé de 12 à 18 difficultés selon le niveau. Naturelles ou simulées, elles reproduisent des situations que le cavalier et son cheval peuvent rencontrer en pleine nature. Il s’agit de les franchir dans le calme et en toute sécurité. Plus que les performances, c’est l‘efficacité, la franchise et le style du couple qui sont notés.
Gué, haie, escalier, fossé, passerelle, portail, branches-basses, tronc … Les difficultés s’enchaînent, alternant tronçons sautant rapides et passages techniques nécessitant calme et minutie. Certaines se franchissent à pied, comme le cavalier peut parfois être amené à le faire en randonnée. C’est une des particularités du T.R.E.C.

Deux testant connaissances et technique équestre :
3 - La Présentation du couple : Visant à contrôler la tenue et le harnachement du couple, qui doivent être adaptés et entretenus pour « aller loin en ménageant la monture » et… le cavalier. Chaque concurrent dispose de 5 minutes pour présenter oralement son équipement et explique pourquoi il l’a choisi. Le concurrent doit aussi avoir dans ses sacoches ce dont il pourrait avoir besoin en route : une trousse de 1ers secours humains et équins, un nécessaire de maréchalerie, une lampe de poche et de quoi se signaler (bandes ou gilet réfléchissant).
4 - La Maîtrise des allures : Qui sollicite la technique équestre du cavalier et le dressage du cheval.
Le but : dans un couloir de 1,50 m de large et de 100 ou 150 mètres de long, selon le niveau, aller au galop le plus lent possible, et revenir au pas le plus rapide possible, sans rupture d’allure et sans sortir du couloir.

Chevaux et équipements

Le cheval :
Il doit être âgé d'au moins cinq ans et compter parmi ses atouts une bonne condition physique, du calme, de l'écoute et faire preuve de complicité avec son cavalier.
Contrairement à d'autres disciplines, où seuls les chevaux de race sont autorisés à concourir, le T.R.E.C. est l'école de la différence. Du solide poney häflinger, au pur-sang arabe, en passant par les grands Selle Français ou les chevaux d'Origine Inconnue, tous les chevaux de plus de 5 ans inscrits au Registre des équidés (SIRE) et à jour de leurs vaccinations peuvent participer au T.R.E.C.

Equipement :
- Une bombe ou un chapeau (il est obligatoire de porter un couvre-chef sur le POR)
- Une boussole (ça peut être utile !)
- La carte des lieux au 1/25000ème
- Une corde ou de la ficelle (pour réparer, attacher, toujours utile)
- Une vache à eau (pour faire boire votre cheval, moins encombrant qu’un seau)
- Cure-pied et brosses (préférer les petits modèles)
- Un téléphone portable (indispensable en cas de difficulté)
- Un kit de signalisation nocturne (gilet et bandes réfléchissantes)
- Une lampe frontale (attention la lampe et le kit doivent être prévus même si l’épreuve a lieu de jour)
- Trousse de secours pour le cheval et le cavalier (n’emporter que ce que vous savez utiliser)
- Trousse de maréchalerie
- Vos papiers d’identité et ceux de votre cheval

Pour le cheval, un matériel de base suffit, mais pensez que vous n’aurez pas le droit de le changer en cours d’épreuve, donc vérifiez bien l’état de votre matériel et vérifiez qu’il peut satisfaire tous les types d’épreuves (par exemple : attention aux selles western, très agréables sur le POR mais moins sur le PTV)
Le matériel en plus :
- Des fontes ou un tapis à poches vous seront très utiles pour ranger tout ce dont vous avez besoin car un sac à dos est loin d’être pratique et agréable sur un POR (Parcours d'Orientation & de Régularité)
- Un licol épais (bannissez les licols américains sur les épreuves de T.R.E.C., ils peuvent blesser un cheval à l’attache !)
- Une longe

Histoire du TREC

Rapidement, les premiers professionnels du tourisme équestre formés au début des années 1970 ne se satisfont plus des randonnées qu’ils commencent à vendre au grand public. Des initiatives locales de « Rallyes compétitifs », nées des têtes de proue du tourisme équestre en Ile de France, en Bourgogne et en Rhône-Alpes, vont se conjuguer pour donner naissance en 1985 à une discipline qui ne prendra son nom actuel que deux ans plus tard : le T.R.E.C.
Si une bonne partie des cavaliers des Rallyes des années 60 refuse la compétition et les contraintes d’un règlement contraires à leur philosophie du « cheval liberté », il ne faudra pas longtemps aux militants les plus dynamiques, souvent patrons des premiers établissements de tourisme équestre et investis dans les structures locales de l’ARTE, pour donner une nouvelle dimension à leur activité. Ils chercheront d’abord à distinguer le meilleur cheval de randonnée lors des Rallyes Nationaux, ancêtres de l’Equirando. Le premier Trophée du cheval de randonnée est décerné par les Haras Nationaux en 1977 à Briançon. Le jugeant trop proche des concours de modèles et allures, les cavaliers du tourisme équestre ne vont pas s’y reconnaître, mais la réflexion est lancée.
De « Finale Nationale » en « Championnat », le T.R.E.C. va pourtant encore se chercher pendant quelques années : épreuves, règlements et nom de la discipline restent à définir. Fin 1984, les travaux de la commission aboutissent sur ce que seront pendant quelques années les consignes de notation du Parcours du Cavalier et du Cheval de Randonnée (PCCR), le futur PTV. Dès lors, le rôle prépondérant du cavalier est mis en avant. En 1985, l’ANTE obtient de la FEF et de son nouveau président Jean-François Chary l’autorisation officielle de délivrer le titre de Champion de France. Ainsi se déroule au mois de novembre le premier Championnat de France du Cavalier de Randonnée à Allan, dans la Drôme. Il est organisé par l’ARTE Rhône-Alpes (ARATE) et comporte 5 épreuves : 50 km de parcours d’orientation, un PCCR de 15 difficultés, toujours une notation du modèle et des allures et deux nouveautés : la présentation du harnachement et le « dressage ». Ce dernier test, né d’une idée du Directeur Adjoint du Haras d’Annecy, Claude Lognoz, a déjà la forme que nous connaissons à la Maîtrise des Allures. En 1986, à Compiègne, la notion de couple apparaît dans le nom du championnat « du cavalier et du cheval de randonnée ». En 1987, l’ANTE cherche toujours un nom plus court et facile à mémoriser. Randonnée, cheval, compétition… C’est Hervé Delambre, alors directeur de l’association, qui propose « T.R.E.C. ».
L’acronyme rassemble les éléments principaux de la discipline et ses traductions étrangères évoquent la randonnée pédestre en anglais et les chemins en arabe. Cette même année, le parcours d’orientation aussi appelé circuit routier, devient le Parcours d’Orientation et de Régularité (POR). En 1988, Jacques Aguétant devient DTNA en charge du Tourisme Equestre. Partant du principe que de bonnes allures sont la conséquence d’une bonne morphologie, il supprime la partie modèle et allures. Les 4 épreuves actuelles du T.R.E.C. sont définies : la présentation du couple, le POR, la Maîtrise des allures, et le PCCR, qui va devenir Parcours en Terrain Varié (PTV) en 1997.
Si l’histoire de la discipline se lit plus facilement au travers des compétitions nationales qui l’ont forgée, c’est essentiellement les pratiques individuelles d’une majorité de cavaliers randonneurs qui s’en sont trouvées bouleversées. Année après année, ceux qu’on a parfois qualifiés de « cowboys sur de la viande de boucherie » ont su prouver la qualité de leurs montures et les spécificités de leur équitation pour les diffuser largement. Ils ont ainsi accédé à un niveau de compétition à la hauteur des autres disciplines équestres sans se départir de l’esprit de convivialité propre aux randonneurs.

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